Artémed est une association fondée en 2001 en France, pour le développement des échanges artistiques, créatifs et culturels, dans les arts visuels et autres, en particulier avec les pays méditerranéens.

Résidences d'artistes

Stéphanie Pommeret2026

Affiche de l'exposition Le Fil, Stéphanie Pommeret, résidente, du 23 au 26 septembre 2026 au Zico House
Affiche de l'exposition Le Fil

Exposition Le Fil

Du 23 au 26 septembre 2026, de 17h à 21h
Zico House - 174 rue Spears - Beyrouth

ZICO HOUSE

Centre culturel indépendant
directeur : Moustapha Yamout
174 rue Spears - Sanayeh
Beyrouth - Liban
tél. +961 (0)3.810.688

Résidence d'artiste au Zico House, soutenue par ARTEMED

Questions à Stéphanie Pommeret

Qu'as-tu présenté au Zico House?

Exposition Le Fil — Stéphanie Pommeret (du 23 au 26 septembre 2026)
Issue de la résidence d'artiste soutenue par Artemed

Dans le cadre de cette exposition marquant l'aboutissement de ma résidence, j'ai présenté une série d'œuvres pluridisciplinaires (photographie, art textile, installation, vidéo et poésie) construites autour d'une économie de moyens sobre et poétique. À travers le motif du fil — utilisé comme matériau et comme métaphore pour relier, transmettre et réparer —, ma démarche cherche à déconstruire les formes de domination et à faire dialoguer l'intime avec la mémoire collective de Beyrouth :

  • LES RIVAGES — Portraits des pêcheurs de Beyrouth : Hommage photographique à ces hommes qui résistent à la pression immobilière sur les derniers fragments de côte accessibles.
  • Veste militaire française / Projection Atlantis : Broderie cartographique sur une veste de récupération, enrichie par les habitants de Beyrouth qui y ont inscrit des mots, souvenirs et fragments en langue arabe.
  • Performance dégustative : Partage convivial autour d'une nappe brodée selon la projection de Buckminster Fuller, invitant à savourer des graines ensemble à la manière des oiseaux.
  • La Chaise : Réparation minutieuse au fil de coton d'une chaise cassée trouvée à mon arrivée, érigée en symbole de résilience.
  • Les Larmes de l'âme : Série photographique née de l'émotion face aux traces de l'Histoire dans la ville.
  • Faire pousser des oliviers dans des tasses de café : Installation poétique incarnant l'énergie et la vitalité du peuple libanais.
Que penses-tu du Zico House?

La Zico House s'est révélé être un lieu d'accueil extraordinaire, foisonnant de vie et particulièrement stimulant. Réaliser cette résidence et y présenter l'ensemble de mon travail a été une expérience marquante : je m'y suis sentie pleinement accueillie, soutenue et investie d'une liberté créationnelle totale.

C'est un espace privilégié d'échanges avec une multitude d'artistes et d'acteurs de la scène culturelle locale. L'immersion y est constante : les visites d'expositions, les concerts et les pièces de théâtre permettent d'appréhender toute la dynamique artistique de Beyrouth. Au-delà du volet plastique, ce tiers-lieu constitue une véritable passerelle pour aller à la rencontre des habitants et comprendre les réalités du territoire.

Un rôle déterminant revient à Zico : n'ayant aucun contact à mon arrivée au Liban, son accueil chaleureux et sa présence rassurante m'ont permis de me sentir immédiatement en confiance pour créer en toute sérénité. Grâce à lui, j'ai eu l'opportunité de découvrir une grande partie du pays, du littoral jusqu'aux montagnes. Zico m'a également introduite auprès d'acteurs institutionnels et culturels clés, notamment l'Institut Français. Ces mises en relation ouvrent la voie à mon souhait de revenir prochainement au Liban pour porter un nouveau projet de collaboration avec la documentariste libanaise Dahlia Fathallah.

Qu'as-tu apprécié au Liban?

Le Liban m'a séduite par la richesse et la diversité de ses paysages, mais c'est avant tout la chaleur humaine et la qualité de l'accueil qui m'ont profondément touchée. La résilience et l'énergie des habitants ainsi que la générosité des échanges ont marqué chaque étape de mon séjour.

Qu'est ce qui t'a heurté ou déçu?

Certains aspects environnementaux, sociaux et infrastructurels m'ont toutefois interpellée :

  • Les contraintes du quotidien : La précarité des services essentiels constitue une épreuve marquante. L'impossibilité de boire l'eau du robinet au quotidien ainsi que la gestion complexe de l'électricité — très chère et soumise à de lourdes difficultés d'approvisionnement — révèlent la dureté de la vie courante pour les habitants.
  • La pollution environnementale : L'impact visuel et écologique de la pollution plastique, notamment la profusion de bouteilles d'eau usagées générée par l'absence d'accès à l'eau potable, reste frappant.
  • L'accès à l'espace public : J'ai été surprise par les restrictions d'accès au littoral : il est regrettable qu'il soit difficile pour une femme d'accéder librement et gratuitement à la baignade sur l'ensemble de la côte.

Photos

Artémed entend développer ses activités de la sorte :

  • Rendre compte des aspects de l’art de ces régions dans le contexte actuel
  • Favoriser les rencontres inter-culturelles
  • Diffuser les créations des artistes de ces pays
  • Elargir les publics de l’art d’aujourd’hui

« Je me permettrai de souligner une fois de plus qu'il n'existe pas une seule culture méditerranéenne – il y en a plusieurs au sein d'une Méditerranée unique. Elles sont caractérisées par des traits à la fois semblables et différents, rarement unis et jamais identiques. Leurs similitudes sont le fruit de la proximité d'une mer commune et de la rencontre, sur ses bords, de nations et de formes d'expression voisines. Leurs différences sont marquées par des faits d'origines et d'histoire, de croyances et de coutumes. N'y sont absolues ou constantes, ni les similitudes ni les différences. Ce sont tantôt les premières, tantôt les dernières qui l'emportent. Le reste est mythologie. »

Pedrag Matvejevic (préface de "La pensée méridienne" de Franco Cassano)

"Là où il y a de l'Art, il n'y a ni vieillesse, ni solitude, ni maladie et même la mort n'est plus que la moitié d'elle même."

Anton Tchekhov